Bonsoir Julien,
Je voulais vous écrire car la fin de semaine a été compliquée. Je ne comprends pas très bien ce qui s'est passé à vrai dire car la semaine avait été très agréable après vous avoir vu.
Ayant dit à ma mère que je faisais de l'hypnothérapie, elle m'avait interrogé sur les raisons. J'avais expliqué que c'était pour régler mes problèmes d'anxiété. Mais j'y ai repensé toute la semaine en me disant que j'aurai aimé lui dire que c'était aussi pour dissiper le sentiment de culpabilité que je ressentais vis à vis de Mathieu, chose que je n’ai jamais réussi à lui dire.
Samedi soir elle revient sur le sujet pendant la crémaillère de mon frère. Elle veut savoir comment se passe l'hypnose, en quoi ça consiste, etc. Alors je lui explique. Ma mère étant relativement sceptique sur les méthodes de médecine alternative ce n'est pas forcément évident de lui expliquer, d'autant plus que moi-même je ne sais pas exactement comment les choses fonctionnent.
Bref, au bout d'un moment je finis par lui dire la raison principale qui m'a amené à venir vous voir. C'était important pour moi en fait qu'elle sache que ce n'était pas uniquement pour mes problèmes d'anxiété mais aussi et surtout pour mon deuil. Ça faisait longtemps que j’avais l’envie de lui en parler sans y parvenir parce que c'était trop lourd.
Alors après avoir dit que c'était pour traverser mon deuil, je lui ai aussi expliqué que Mathieu avait des sentiments pour moi et qu'il me l'avait annoncé quelques jours avant son décès et que, par conséquent, je vivais depuis avec une profonde culpabilité qui m'empêchait de vivre en paix.
Les mots ont été difficiles à sortir mais j’ai pris sur moi car c’était important qu’elle le sache. Je n’avais jamais réussi à lui dire que je n’étais pas bien depuis tout ce temps.
Evidemment les larmes sont montées et j’ai eu ensuite beaucoup de mal à profiter du reste de la soirée sans que le chagrin ne soit présent. Ma mère n’étant pas très douée face au situation un peu gênante, elle a finis par partir quand elle a vu que je n’étais pas bien.
Le lendemain je me suis sentie vraiment déprimée. Je suis partie à une expo photo toute seule pour être tranquille et me changer les idées autan que possible. Sur la route j’ai tout déversée et je me suis sentie très triste notamment parce que je me suis dit que notre séance n'avait pas fonctionné et que d'en parler à ma mère avait fait tout resurgir.
Aujourd’hui j’ai repris le travail et ça va un peu mieux. Le travail m’aide à ne plus trop y penser et à reprendre le cours normal de ma vie sans cette déprimé pesante. Heureusement d'ailleurs que mon travail se passe bien. Mais je m’interroge sur cette profonde émotion de chagrin qui m’a submergé alors que j’avais pourtant la sensation d’avoir bien avancé la dernière fois et que quelque chose s’était « passé » avec vous pendant la séance.
J’avais même changé des choses comme par exemple retirer sa photo de mon portefeuille ou ne plus m’adresser directement à lui en pensé ou en prière.
Je sens que la tristesse est toujours là ce soir et qu’à trop y penser les larmes me montent aux yeux.
Je ne sais pas si il y a une explication, peut-être que ce qui s’est passé samedi dernier avec vous m’a beaucoup travaillé et que c’est normal. Ou peut-être que ça n’a pas fonctionné ? J’ai peur que ça ne fonctionne pas souvent.
Ou peut-être que je me pose juste trop de question? C'est mon côté angoissé.
J’essaie de reprendre un peu le dessus et ça va passer comme toujours dans quelques jours.
Vous m’aviez dit que je pouvais vous appeler si il y a quoi que ce soit. Je préfère vous écrire c’est plus facile pour moi d’en parler par écrit, ça évite que je pleure au téléphone et je trouve plus facilement les mots.
Je finis quand même par une note positive car j'ai réussi à ne pas fumer pendant cette soirée et j'en suis très contente.
Je vous souhaite une très belle soirée ou bien une très belle matinée selon le moment où vous lirez ce mail.
A bientôt
C.
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